En 2012, à la naissance de mon fils, nous avons passé quatre mois dans le service de soins intensifs d'un hôpital parisien : mon bébé luttait pour vivre. Peu de temps après nous avons compris que mon fils ne parlerait peut-être jamais, ne marcherait peut-être jamais et qu'il passeraitla majeure partie de sa vie en soins.
Après neuf mois d'une très heureuse grossesse, cette prise de conscience fut dévastatrice. Loin de mon pays (l'Inde) et de ma famille, et ce défi énorme à supporter, ce fut la pire expérience de ma vie. Je me noyais dans mon chagrin sans trouver d'aide. Je hurlais de douleur, personne ne semblait m'entendre ou se soucier de moi.
Un jour de juin, quittant l'hôpital pour aller chercher quelques vêtements propres, ce fut un choc pour moi de découvrir combien cette journée était belle et ensoleillée, avec des arbres en fleurs et des gens riant aux terrasses des cafés. Ma vie avait définitivement basculé et mon fils ne pourrait jamais jouir d'une vie normale. Comment le monde pouvait-il continuer de tourner ? Au lieu d'aller se promener dans les parcs et de jouer, mon fils devait se rendre aux rendez-vous des neurologues et des kinésithérapeutes.
 

Doucement je sombrai dans une terrible dépression. Pendant un an, je restai sans voir ni ami(e) ni membre de ma famille. Je n'avais qu'une envie: rester au lit toute la journée ou prendre soin de mon fils, ce qui était facile tant qu'il passait la plupart du temps à dormir. Les seuls moments où nous sortions, c'était pour nous rendre à ses rendez-vous médicaux.

Moi qui avais été fière d'avoir voyagé à travers vingt-huit pays, d'avoir été interviewée par la BBC en tant que représentante de la nouvelle génération des femmes indiennes, d'avoir lancé avec succès une société travaillant avec de grands magasins de mode parisiens, j'étais complètement anéantie.

Sortie de ce brouillard près de deux ans plus tard, je commençai à m'ouvrir à nouveau à la vie. Doucement je me tournai vers le yoga. La pratique du Hata Yogaa sauvé ma vie. Il repose sur la maîtrise de la respiration, la méditation et bien-sûr les postures dynamiques. Il m'a appris à vivre l'instant présent plutôt que de me focaliser sur le passé et le futur. Il m'a redonné cette confiance en moi que j'avais perdue, il m'a aidée à extérioriser toute la colère contenue en moi.

Aujourd'hui Ishan est un enfant très heureux, une joie et une bénédiction pour moi. Mais le chemin parcouru pour arriver à percevoir mon enfant comme une grâce et comme une bénédiction n'a pas été facile. C'est le Hata Yoga qui a sauvé ma vie. Et en 2015 j'ai décidé de passer mon examen de professeur de yoga. Au-delà de l'enseignement du yoga, je souhaite aider à guérir les autres familles dont les enfants nécessitent des soins médicaux. Tout comme le yoga et la méditationm'ont aidée, ils peuvent aussi aider d'autres familles. J'ai rencontré tant de mamans magnifiques et talentueuses qui ont interrompu leurs carrières ou se sont renfermées sur un univers plus étriqué à cause des difficultés qu'elles rencontraient dans leur vie quotidienne. Je souhaite faire sortir ces femmes de leur isolement, les aider à évacuer ces sentiments invalidants de colère et de souffrance en leur offrant des séances gratuites de yoga et en proposant à ces parents un lieu d'échanges où ils puissent s'exprimer. Aprés les séances de Hata Yoga,  je souhaite que ces parents retrouvent les moyens et la force nécessaires pour faire face au défi que la vie leur a lancé. Je sais combien leurs difficultés peuvent être éprouvantes, je sais aussi que le yoga et la méditation peuvent aider.
Le yoga , la méditation et le contrôle de la respiration sont des expériences spécifiquement individuelles qui peuvent aider toute personne à accepter ses manques, ses qualités et ses défauts. Seule une personne en paix avec elle-même peut aimer et donner, à sa famille et à la société.
Aider d'autres familles à guérir , voir mon fils heureux m'aident à donner un sens à mes propres expériences et à ma vie.

Je me suis aussi engagée à aider l’association Shishu Sarothi basée dans l’état d’Assam en Inde. Cette association se consacre à la rééducation et à la formation des enfants en situation de handicap. Il s’agit de la première association dans ce genre créée en Assam en 1987. Elle a été récompensée par la « médaille de la Meilleure Institution » décernée par la Présidence de l’Inde. L’association vient en aide aux enfants souffrant d’autisme ou de paralysie cérébrale, dans les zones rurales de l’Assam. En l’absence de sécurité sociale en Inde l’association ne bénéficie que d’une aide très limitée de la part des autorités. L’argent collecté lors de mes classes de yoga est reversé à cette association dont vous pouvez consulter les informations sur son site internet http://www.shishusarothi.org/

Si vous souhaitez aider ce projet de quelque façon que ce soit, si vous avez des idées ou des suggestions à apporter, vous pouvez m'écrire. Merci.